Developing the Accountancy Profession

Si vous voulez aller vite, allez seul. Si vous voulez aller loin, allez ensemble: les Ordres et organisations comptables en Afrique réagissent au COVID-19.

Sarah Gagnon, Darlene Nzorubara | March 30, 2020

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Le continent africain a été, pendant une brève période, considéré comme ayant évité la propagation du coronavirus. Alors que le nombre de cas sur le continent africain a progressé, de nombreux gouvernements prennent des mesures pour limiter la propagation de la maladie, notamment en fermant les entreprises non essentielles, en imposant des restrictions et des couvre-feux et en adoptant d'autres mesures préventives pour imposer la distanciation sociale.

La profession comptable est désormais confrontée à l'impact de cette crise sanitaire et humanitaire. La réponse opportune et ciblée des organisations comptables professionnelles (OAP) est cruciale et de nombreuses organisations jouent un rôle déterminant pour soutenir leurs membres, les régulateurs et les autres parties prenantes.

En cette période de crise, l'IFAC, la PAFA - Fédération Panafricaine des Comptables -  et la FIDEF -Fédération Internationale des Experts Comptables et Commissaires aux Comptes Francophones -  sont engagés dans l’accompagnement de leurs membres dans les transition et infrastructures vers cette «nouvelle normalité». La semaine dernière, lors de deux forums régionaux en ligne, nous avons réuni plus de 80 participants issus de 20 pays pour partager les expériences de chacun et des solutions pour fonctionner au mieux dans cette situation.

La collaboration dans la gestion de crises: La gestion de crises lors d'une urgence de cette ampleur peut inclure à la fois un plan organisationnel et la participation à des plans à l’échelle nationale.

  • La communauté des affaires de la Zambie a organisé une réunion d’un groupe de travail d’urgence COVID pour établis une infrastructure de gestion de crise nécessaire. Ce groupe de travail est un groupement de plus de 30 dirigeants de grandes industries, associations avec le gouvernement. Le groupe de travail a fourni une plate-forme cohérente pour une réponse coordonnée et des synergies entre les entreprises qui, autrement, ne collaboreraient pas. L'Institut zambien des comptables agréés (ZICA) joue un rôle de premier plan dans ce groupe de travail en raison de sa crédibilité en tant qu'organisation comptable, du fait de sa compétence financière et de sa forte capacité organisationnelle.

Un plan de gestion de crise organisationnelle doit prévoir les actions que votre organisation doit entreprendre pour continuer à fonctionner, à réaliser sa mission d'intérêt public et pour atténuer l'impact de la crise, la sécurité étant d’une priorité élevée (en savoir plus : https://www.ifac.org/knowledge-gateway/preparing-future-ready-professionals/discussion/sept-tapes-essentielles-pour-planifier-la-gestion-de-la-crises-covid-19-pour-les-ordres )

  • Avant le confinement national, ZICA a institué des protocoles d’accès avec un formulaire de traçage obligatoire pour toute personne entrant dans leurs locaux. Si un membre du personnel commence à avoir des symptômes du COVID, le formulaire est alors partagé avec le ministère de la Santé pour la recherche des contacts à risque et la réalisation des tests.
  • Au Mali, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les entreprises chaque jour à 14 heures, et a limité les rassemblements après le travail. Le bureau de l'Ordre National des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Mali revoit actuellement son plan de gestion de crise pour réfléchir à la manière de maintenir ses services au profit de ses membres. Proposer de la formation professionnelle continue est particulièrement difficile actuellement puisque ce qui pouvait être fait a déjà été faits en présentiel.
  • Le conseil de l’Ordre du Maroc a mis en place une équipe de gestion de crise. Une partie de ses responsabilités consiste à faciliter la transition des membres de l'Ordre vers un fonctionnement à distance  en leur fournissant des conseils en informatique et un soutien financier si nécessaire.
  • L'Institut des comptables professionnels agréés du Kenya (ICPAK) a créé une checklist détaillant les considérations juridiques et professionnelles qu'il devra traiter s'il est contraint de passer à un fonctionnement à distance, notamment la cybersécurité, le soutien au personnel et les infrastructures neessaires. Pour assurer la continuité de ses activités, il a nommé des remplaçants pour chaque département au cas où un membre du personnel tomberait malade. Il communique également régulièrement avec les succursales à l'extérieur dans le pays, son bureau principal étant à Nairobi.

Le travail à distance: Le travail à distance devient la norme pour de nombreuses organisations comptables. Une collaboration étroite entre les acteurs est essentielle pour apporter les changements nécessaires rapidement. Cependant, les Ordres ont noté que l'accélération du travail à distance implique également une exposition accrue aux piratages. Une attention particulière et des ressources accrues sont donc nécessaires pour gérer la sécurité des infrastructures informatiques.

  • L’Institut sud-africain des comptables professionnels (SAIPA) avait pris des mesures pour fermer ses bureaux physiques avant le confinement national de l’Afrique du Sud. Avant de le faire, SAIPA a transféré son standard téléphonique vers les téléphones portables du personnel de sorte que les membres de l’Ordre appelant SAIPA sont automatiquement redirigés vers le personnel, à leur domicile, pour continuer à fournir les soutiens nécessaires.
  • Les directeurs de SAIPA valident une fois par semaine avec leur équipe qu’ils disposent bien du matériel approprié pour continuer à travailler.
  • L'Ordre National des Experts Comptables et Comptables Agréés du Sénégal conseille ses cabinets membres sur les solutions informatiques disponibles.
  • De nombreux Ordres utilisent WhatsApp et Microsoft Teams pour leurs communications internes avec leur personnel et Google Meet and Zoom pour les réunions et conférences externes avec leurs membres et avec les autres parties prenantes.

Tendre la main : les niveaux de stress sont élevés pour les chefs d'entreprise et les confrères. Les Ordres constatent que c'est un moment de collaboration, pas de la compétition, et ils s’efforcent de maintenir le contact pour éviter que leurs membres ne se sentent isolés. De nombreuses organisations ont cité l'article « Nous devons nous attaquer à la santé mentale » : https://www.ifac.org/knowledge-gateway/preparing-future-ready-professionals/discussion/nous-devons-prendre-soin-de-la-sant-mentale-surtout-actuellement

particulièrement important et utile maintenant dans ce contexte.

  • L'OEC de Tunisie et l'ONECCA du Cameroun ont créé des groupes composés de membres du conseil qui s'adressent quotidiennement aux membres pour partager des conseils et offrir un soutien.
  • OEC de Tunisie a créé une plateforme en ligne qui regroupe et présente tous les soutiens mis en place par le gouvernement au profit des entreprises confrontées à des procédures de licenciements.
  • L'Institut des comptables professionnels agréés d'Ouganda (ICPAU) a créé une plate-forme communautaire en ligne pour soutenir ses membres, qui s'est d’ailleurs transformée en une communauté sociale. Via cette plateforme, l’ICPAU demande à ses membres de s'exprimer et de se signaler si ils ont besoin d'aide.
  • ICPAU, en collaboration avec EY, a organisé un webinaire pour tous les praticiens sur la façon de soutenir les clients et de planifier le retour à la normale. Il prévoit de réaliser prochainement un webinaire sur le bien-être mental.

Soutenir les étudiants: les Ordres ne souhaitent pas que les étudiants prennent du retard pendant la pandémie.

  • SAIPA a constaté que ses étudiants ne disposaient pas de suffisamment de capacité en volume de données disponibles dans leurs abonnements de téléphonie mobile pour participer correctement aux projets et aux cours en ligne. SAIPA a négocié avec les fournisseurs de téléphonie mobile un tarif réduit sur les forfaits de données afin de garantir que les étudiants puissent travailler à distance.
  • ZICA collabore avec les universités pour tenir une classe universitaire en ligne pour encourager les étudiants à terminer leurs cours. ZICA élabore également un plan sur la façon de tenir les examens.

Partage d'informations qui soient fiables: Avec autant d'informations en circulation, il peut y avoir de la désinformation et de la confusion. Les organisations comptables peuvent apporter fiabilité et crédibilité aux informations qui circulent.

  • SAIPA a créé une petite équipe technique dédiée à l'examen des décisions gouvernementales et à la communication des bonnes informations aux membres et aux clients. Il utilise les médias sociaux et son propre site Web pour tenir les mises à jour, en particulier les directives techniques et un soutien aux petites et moyennes entités (PME), et travaille en partenariat avec l'Institut sud-africain des comptables agréés.
  • L'ONECCA-Sénégal a créé un groupe WhatsApp pour ses membres qui est dédié aux demandes liées au COVID-19. A travers à ce groupe, l'ONECCA a pu partager rapidement des ressources techniques et des FAQ sur le COVID-19 qui répondent aux préoccupations immédiates de ses membres.

Plaidoyer pour le soutien du gouvernement: les Ordres collaborent avec leurs gouvernements respectifs sur le soutien aux entreprises, en particulier aux PME, pendant et après la période du COVID-19. Ces relations se font simplement à présent à distance..

  • Conscient du fait que le gouvernement doit sauvegarder au mieux son budget, l'ICPAK a publié une note contenant plusieurs propositions au Parlement, après avoir travaillé avec ses membres pour prendre en compte ce qui pourrait le mieux les aider. Sur la base des propositions de l'ICPAK, le gouvernement a accepté de réduire la TVA de 16% à 14% et a créé une nouvelle tranche d'imposition garantissant que les revenus situés dans cette tranche ne seraient pas imposés.
  • De même, l'ONECCA du Sénégal a mis à profit son groupe WhatsApp pour sonder ses membres et les clients sur le soutien qui pourrait aider à atténuer l'impact de la pandémie. Les retours obtenus ont permis à l'ONECCA du Sénégal d'émettre des recommandations au ministère des Finances et au ministère de la Planification, de l'Économie et de la Coopération.
  • En Côte d’Ivoire, plusieurs organismes financeurs ont engagé des fonds pour soutenir le secteur privé. L’Ordre des Experts-Comptables de Côte d’Ivoire a exhorté ces financeurs à unir leurs financements et à débourser les fonds par le biais des banques nationales qui peuvent accorder des prêts à des taux d’intérêt fixes, pour soutenir au mieux les entreprises.
  • Au Tchad, le gouvernement a créé son propre fonds pour soutenir les entreprises. L'Ordre des Professionnels Comptables du Tchad a proposé de gérer ce fonds et a encouragé d'autres organisations comptables à réfléchir à la manière de renforcer la gestion des finances publiques par le gouvernement, tant de pays mobilisant de grandes quantités de financement pour faire face à la crise.

Communiquer sur les réussites: ces nouvelles sont un souffle positif pour tous en ce moment.

  • L'Institut des comptables agréés du Nigéria communique sur l’octroi de leur nouveau statut de confrère pour des centaines de ses membres. Les membres peuvent suivre cela et l'ICAN enverra ce qu’ils recevaient habituellement lors d’une cérémonie en présentiel.

Pour des informations supplémentaires, des recommandations et des conseils de la communauté IFAC sur l'adaptation et la gestion pendant cette situation mouvante, visitez la page Web IFAC COVID-19, qui est continuellement mise à jour :

https://www.ifac.org/knowledge-gateway/discussion/covid-19-resources-ifacs-network

 

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Sarah Gagnon

Technical Manager, Quality & Development, IFAC

Sarah Gagnon is a Technical Manager, Quality & Development, at IFAC, where she manages the African regional portfolio as part of the IFAC Member Compliance Program and supports the team’s professional accountancy organization capacity building, guidance, and communications initiatives.  See more by Sarah Gagnon

Darlene Nzorubara

Darlene Nzorubara is a senior technical manager on IFAC’s Quality and Development team, having joined IFAC in April 2011. In her time at IFAC, she has managed compliance and membership activities and currently supports the PAO Capacity Building Program and MOSAIC (Memorandum of Understanding to Strengthen Accountancy and Improve Collaboration) Steering Committee. These roles have helped her gain insights into development challenges experienced by PAOs in low-income nations. Before joining IFAC, Darlene was a governance research assistant at Baruch College in New York and a legal assistant for a law firm in Paris, France. Darlene has post-graduate degrees in international economic law and business and exportation law from Université René Descartes – Paris V along with a Master in International Financial Affairs from EHEI and a Master in Public Administration from Baruch College. See more by Darlene Nzorubara

 
 

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